N.B. La lettre, ci-dessous, est datée du 5 juillet 2005, les demandes peuvent sembler nombreuses, cependant ayez en mémoire qu'il s'agit d'un accidenté du travail qui a subi une première lésion professionnelle le 20 décembre 1990.

Gardez aussi à l'esprit qu'en vertu de la LATMP, la CSST se devait de préparer et de mettre en oeuvre un plan individualisé de réadaptation, c'est-à-dire que ce plan devait être préparé en fonction des besoins du travailleur concerné.

Le 20 juin 2005, lorsque j'ai accepté de représenter le travailleur, je n'aurais jamais pensé, vu le fait que celui-ci était un accidenté du travail depuis 1990, que je serais confrontée à un dossier dans lequel il y avait eu aussi peu de fait et autant à faire...

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                                                                                  PAR COURRIER RECOMMANDÉ

 

 

Pont-Rouge, le 5 juillet 2005

 

 

 

M. Jean-Marie Paradis

CSST

425, rue du Pont

Québec, Qc.

G1K 7S6

 

 

 

Dossier : Jacques Laberge

Numéro de dossier : XXXXXXXXX

Numéro d’assurance  sociale : XXX XXX XXX

Date de l’événement : 20 décembre 1990

Employeur :  Musée du Québec

 

 

 

Objets :  1-      Une copie de la TOTALITÉ du dossier du travailleur.

                        + première analyse du dossier (ce que j’en ai…).

 

               2-     a) Psychothérapie;

                        b) Aide personnelle;

                        c) Fauteuil roulant;

            d) Rampe d’accès pour handicapé

     et adaptation du domicile;

                        e) Adaptation du quadriporteur

 

N.B.  Voir : 5 prescriptions par le Dr Marc Bédard, médecin traitant du travailleur.

 

3-     Autres :

a) Abri pour le quadriporteur..

                      b) Adaptation du véhicule.

    c) Sièges obus forme    

 

 

 

Monsieur,

 

1- En date du 21 juin dernier, j’adressais à la CSST une demande pour recevoir une copie de la TOTALITÉ du dossier du travailleur.

 

En date du 28 juin 2005, vous me faisiez parvenir une copie de certains documents, cependant à la lecture de ceux-ci il est évident qu’ils ne constituent pas la TOTALITÉ du dossier, tel que demandé. Je compte donc que vous veillerez, personnellement, à ce qu’on me fasse parvenir, dans les 15 jours de la présente, une copie de la TOTALITÉ, c’est-à-dire de tous et chacun des documents qui constituent le dossier, ce qui comprend : toutes les notes évolutives, tous les rapports d’intervention de l’éducateur spécialisé M. Marc Leblanc, tous les montants qui ont été payés (ou non payés) au travailleur, etc. , etc., etc.

 

À la lecture du dossier (ce que j’en ai), je suis révoltée par la façon inhumaine dont ce travailleur a été  et est encore traité  par certains intervenants de la CSST. Une enquête a été demandée au Ministre du Travail sur ce dossier.

 

Dans le contexte de la présente lettre :

 

A -  Je retiens du dossier  (ce que j’en ai) que le travailleur a été victime d’une lésion professionnelle le 20 décembre 1990.

 

B -  Je retiens que le travailleur a subi une première intervention chirurgicale, pour une hernie discale à L5-SI,  le 3 mai 1991.

 

C -   Je retiens qu’il y a eu aggravation de la condition du travailleur.  En date du 29 avril 1994, le  Bureau de révision a rendu une décision dans laquelle il déclare que le travailleur «a subi une lésion professionnelle le 28 octobre 1992».

 

D -  Je retiens que dès le 24 mai 1994, Mme Sylvie Bédard, coordonnatrice  au Club de recherche d’emploi YMCA, précise que la «condition physique (du travailleur) pose une difficulté majeur pour sa réintégration sur le marché du travail».

 

E - Je retiens que le travailleur a subi une deuxième intervention chirurgicale (hernie discale -  fractions de disque retirés) au même niveau, c’est-à-dire à L5-S1, le 29 mars 1996.

 

F -  Je retiens aussi  que le travailleur a une A.P.I.P.P. de 23%.

 

G-   Je retiens qu’en mai 1996, la CSST a introduit au dossier, M. Marc Leblanc, psycho-éducateur.

 

N.B. Quand j’aurai reçu une copie de la TOTALITÉ du dossier, je reviendrai certainement sur ce point.

 

H - Je retiens également que par une lettre, datée du 11 novembre 1998,  la CSST, par M. Gilles Laliberté,  informait (enfin…) le travailleur du fait que son indemnité de remplacement du revenu lui serait versé jusqu’à ses 68 ans.

 

I -  Je retiens que, durant des années, les médicaments du travailleur n’étaient pas remboursés par la CSST. Ils sont maintenant payés directement à la pharmacie qui  fournit les médicaments.

 

J - Je retiens, de plus, que par une lettre, datée du 15 juillet 2002, la CSST confirmait au travailleur le fait que «la Commission de la santé et de la sécurité du travail  (lui) versera annuellement le montant maximum alloué pour (ses) travaux d’entretien, selon l’article 165, tant et aussi longtemps que (sa) condition physique l’exigera».  Je retiens également que, durant des années, le travailleur a assumé, à même son IRR,  des frais d’entretien que la CSST se devait de payer.

 

2- Tel que convenu au cours de notre conversation téléphonique,  je joins à la présente les cinq ‘’recommandations’’ signées, en date du 27 juin 2005,  par le docteur Marc Bédard, médecin traitant du travailleur.

 

A-                Recommandation du Dr. Marc Bédard, médecin traitant du travailleur (voir prescription) :

 

Psychothérapie : le travailleur souhaite rencontrer Mme Johanne Duguay, psychologue. Cette dernière a un bureau situé à St-Raymond, municipalité où habite le travailleur. Je suis entrée en communication avec Mme Duguay : elle serait disponible pour recevoir le travailleur, je lui ai donné votre nom afin qu’elle communique avec vous pour ce qui concerne ses honoraires.

 

Je constate au dossier  (ce que j’en ai) qu’un suivi en psychothérapie a déjà été prescrit et qu’il a déjà été autorisé, entre autres,  en date du 8 juin 1999, et entériné par une équipe multidisciplinaire en date du 15 juin 1999.

 

 Il ne reste donc qu’à convenir avec Madame Duguay du montant de ses honoraires.

 

Je suis d’avis qu’il y a urgence et je veux croire que  l’entente avec Mme Johanne Duguay,  psychologue,  (418)  877-1845,  sera réglée avant la fin de la présente semaine.

 

 

B-        Recommandation du Dr Marc Bédard, médecin traitant du travailleur  (voir prescription) :

 

Aide personnelle :  Pour ce qui concerne l’aide personnelle (LATMP 158 à 163), vu les limitations fonctionnelles du travailleur et la souffrance qui est son lot quotidien il est évident que le travailleur ne peut pas effectuer (ceci depuis des années – j’y reviendrai quand j’aurai obtenu la totalité du dossier) les tâches domestiques qu’il effectuerait normalement s’il n’était pas victime d’une lésion professionnelle.

 

Durant des années le travailleur a dû payer à même son IRR pour obtenir de l’aide personnelle. Par les documents que vous m’avez envoyés, je constate que l’aide personnelle a été autorisée, avec parcimonie, et que,  par la suite,  cette aide a cessée.

 

Je suis d’avis qu’on a abusé de la confiance du travailleur en le laissant sous l’impression que les travaux d’entretien (LATMP art. 165) et l’aide personnelle  (LATMP art. 158 à 163 ) étaient une seule et même chose.

 

Présentement  (et depuis des années…):

 

a- Il est nécessaire qu’une personne fasse le ménage, le lavage, etc.,  au moins une fois par semaine.

 

b- Il pourra également s’avérer nécessaire, dans les périodes durant lesquelles le travailleur est en crise de douleur aigüe, qu’une personne se rende chez-lui pour préparer des repas.

 

c)  Il est également nécessaire qu’une personne accompagne le travailleur lors de certains déplacements, je constate que ce rôle est assumé, depuis 1996, par M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé, que la CSST a elle-même introduit au dossier.

 

Évidemment l’aide personnelle sera à revoir en fonction de l’évolution des limitations fonctionnelles du travailleur.

 

 

C-        Recommandation du Dr Marc Bédard, médecin traitant du travailleur (voir prescription) :

 

Fauteuil roulant :  le travailleur veillera à obtenir deux estimés, il vous fera parvenir ceux-ci, par M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé.

 

 

D-               Recommandation du Dr Marc Bédard, médecin traitant du travailleur  (voir prescription):

 

Rampe pour handicapé et adaptation du domicile du travailleur : c’est l’évidence même que le domicile du travailleur doit être adapté de façon à ce qu’il puisse avoir accès à l’extérieur de son domicile lorsqu’il est confiné au fauteuil roulant, donc : pallier de chacune des trois portes de sortie adaptés, rampe extérieure pour fauteuil roulant (ainsi que pour quadriporteur), abri pour l’hiver, garage de toile, installation et remisage.

 

Je présume que la CSST aura recours aux services d’un technicien en architecture pour ces travaux , du moins pour ce qui concerne la rampe d’accès et qu’elle aura recours au service d’un ergothérapeute pour les autres adaptations. Donc le travailleur attendra pour produire des estimés pour ces travaux d’adaptation du domicile.

 

J’ai constaté que certaines adaptations ont déjà été  effectuées, cependant d’autres sont nécessaires. Il serait important que la totalité du  domicile du travailleur soit adapté  en tenant compte de ses limitations fonctionnelles.

 

 

E-        Recommandation du Dr Marc Bédard, médecin traitant du travailleur  (voir prescription):

 

            Adaptation du quadriporteur :

 

a - Je constate, par les documents que vous m’avez fait parvenir, que l’achat d’un quadriporteur a été recommandé par M. Frédéric Villeneuve, ergothérapeute,  dont les services ont été retenus et payés par la CSST.

 

b – Je constate que deux estimés ont été présentés à la CSST et que celui représentant le prix le moins élevé (3,295$ chez Prothèses Orthèses Savard) a été choisi, cependant il me semble évident qu’on n’a pas pris la peine de vérifier si le quadriporteur fourni était adéquat, en fonction du poids du travailleur…

 

Le deuxième estimé était de 3680$  chez Dépanago. Le travailleur m’a mentionné que ce dernier était beaucoup plus robuste.

 

c - Je constate, par une lettre datée du 29 octobre 2003, que le travailleur était informé que la CSST acceptait le paiement de ces frais de «réadaptation» (quadriporteur – 3295$).

 

d- Je constate également qu’en date du  15 mars 2004, donc dès le début du printemps suivant, la CSST a autorisé le paiement d’une facture de 140$, à Prothèses Orthèses Savard,  pour des réparations au quadriporteur; sauf erreur, ceci semble confirmer le fait que  ledit quadriporteur n’a pas été choisi en fonction du poids du travailleur.

 

 e- Présentement : le quadriporteur doit être adapté  (ou changé), entre autres, la suspension ne correspond pas au besoin, vu le poids du travailleur, etc.. De plus, il serait important d’y ajouter un toît pour protéger le travailleur lors de longues randonnées.

 

 

Le travailleur m’informe que la CSST refuserait de payer la dernière réparation du quadriporteur et qu’il aurait payé une partie de celle-ci. J’aimerais en connaître la raison… Je  ne trouve rien du genre dans les notes évolutives. Le travailleur m’informe également que ce serait M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé, qui aurait la facture en question. Je  communiquerai avec  Monsieur Leblanc à ce sujet. Nous y reviendrons certainement.

 

 

3- AUTRES :

 

A-  Abri pour le quadriporteur :  Le travailleur n’a aucun abri pour protéger le quadriporteur, il subit toutes les intempéries. Cet abri devra être construit de façon à ce que le travailleur y ait accès facilement.

 

 

B- Adaptation du véhicule du travailleur : Bien que ceci ne soit pas précisé par le médecin traitant du travailleur, il est évident qu’il est nécessaire que le véhicule du travailleur soit adapté pour le transport du fauteuil roulant et également pour le transport du quadriporteur.

 

Le travailleur vous fera parvenir deux estimés à cet effet, par l’entremise de M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé.

 

Le travailleur est dans l’incapacité totale de prendre des marches, son quadriporteur lui sert de jambes pour ses loisirs (minimes). Lorsque son quadriporteur ainsi que son véhicule seront adaptés,  le travailleur pourra aller se promener dans St-Raymond, sur les pistes cyclables, etc. ce qui sera bon pour son moral et ce qui contribuera à ce qu’il ait un peu de vie sociale.

 

Je présume que M. Frédéric Villeneuve, ergothérapeute, n’a pas recommandé l’achat d’un quadriporteur uniquement pour que le travailleur s’en serve pour aller à sa boîte à malle…

 

 

C-  Sièges obus forme

 

Je constate qu’en date du 8 octobre 2004 vous refusiez l’achat de sièges et de dossiers obus forme.

 

Je compte que vous m’informerez de ce qui vous justifiait de prendre cette décision.

 

a-      Au dossier (ce que j’en ai), je constate que l’obus forme a été prescrit, en date du 26 mai 1999, par le Dr Daniel Audet, alors médecin traitant du travailleur.

 

b-     Je constate que l’autorisation d’achat d’obus forme a été donnée par M. Gilles Laliberté en date du 30 septembre 1997.

 

c-      L’autorisation a également été donnée en date du 8 juin 1999, par Madame Guay, DSS, et Mme Marcelle Paulette.

 

d-      Cette autorisation a été entérinée par une équipe multidisciplinaire en date du 15 juin 1999.

 

Alors, sauf s’il est médicalement reconnu, dans les documents qui ne m’ont pas été envoyés,  que la condition physique du travailleur s’est améliorée depuis, je m’objecte à  votre refus du  8 octobre 2004 et je compte que vous m’enverrez des explications à ce sujet.

 

Tel que je l’ai mentionné pour ce qui concerne M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé, introduit au dossier par la CSST, dès que j’aurai une copie de la TOTALITÉ du dossier, il y aura certainement d’autres points qui devront être revus.

 

Veuillez me faire parvenir une copie de toute correspondance et/ou document qui seront adressés au travailleur et/ou à M. Marc Leblanc, éducateur spécialisé, concernant les «objets» de la présente.

 

Dû au fait que je serai absente du 9 au 17 juillet, la visite d’un technicien en architecture ou  celle d’un ergothérapeute, au domicile du travailleur, devra être fixée à une date ultérieure au 17 juillet puisque je compte être présente lors de celles-ci.

 

Je vous prie, Monsieur Paradis, d’agréer mes salutations distinguées,

 

 

Paulette Giroux

Représentante de Jacques Laberge

10 rue Pleau

Pont-Rouge, Qc.

G3H  2G3

Tél : (418) XXX-XXXX

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